Belgique: Hommage au chahid Akli Aissiou à l’Université Libre de Bruxelles

Publié par DK NEWS le 11-03-2020, 16h57 | 54


Cette manifestation a permis de commémorer le 60e anniversaire de  l'assassinat de cet étudiant en 7e année de médecine à l’ULB, représentant  en Belgique de l’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens (UGEMA),  ainsi que de recueillir des témoignages sur le rôle et l’engagement de  groupes d’activistes belges en faveur de la Guerre de libération nationale.
A l’occasion de la session inaugurale d'un colloque organisé à cet effet à  l'ULB, l'ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, Amar Belani, a prononcé un  discours, en présence de maitre Ali Haroun, responsable à la Fédération de  France du FLN, et d'amis belges de la révolution algérienne, dans lequel il  a mis en exergue la symbolique de l’hommage rendu au chahid Akli Aissiou et  l’impact incontestable de sa dispari tion sur l’intensification de  l’engagement de militants belges en faveur de la cause algérienne.
L'ambassadeur a souligné que "l'assassinat politique" du jeune militant  algérien a constitué un motif supplémentaire de "galvanisation de nombreux  belges, de profils et de motivations différentes mais tous farouchement  antifascistes et anticolonialistes, qui ouvriront leurs portes, malgré les  risques liés au contexte, à des étudiants algériens membres de l’UGMEA",  ajoutant que "c'est dans leur humanité, leur courage et leur bravoure, que  la cause algérienne a pu trouver, sur le sol belge, un front actif et  engagé dans son combat contre le colonialisme".
M. Belani a indiqué que "lors de ses imposantes funérailles, le cercueil  de notre frère Akli était recouvert du drapeau algérien, une première en  Europe qui mérite d'être soulignée". Précisant que l’initiative d’organiser cette conférence s’inscrit "dans  l’esprit de reconnaissance de l’Algérie qui n’oublie pas ceux qui l’ont  aidé dans son héroïque de lutte pour l'indépendance", l’ambassadeur a tenu  à rendre hommage aux militants belges membres de réseaux, porteurs de  valise, passeurs de militants et de clandestins, mais aussi membres du  collectif des avocats belges du Front de Libération Nationale qui  défendaient les militants algériens et le FLN d evant les tribunaux  français.
M. Belani a remercié certaines de ces figures encore en vie d’avoir  accepté de participer et de livrer leurs témoignages à l'occasion de cette  conférence et espéré que cette hommage contribuera à "désenclaver et à  mettre en relief cette partie extraordinaire de notre mémoire historique  commune", en saluant les auteurs d’œuvres, les chercheurs et historiens  ayant travaillé sur cette séquence et accepté d’animer cette journée  d’hommage. Plusieurs intervenants de premier plan se sont succédés à l’occasion de  cette journée dont Me Ali Haroun dans le cadre d’une table-ronde à laquelle  ont également pris part Me Cécile Draps, figure emblématique du collectif  des avocats belges du FLN, Georges Doebbeleer, membre fondateur du Comité  pour la Paix en Algérie, et Mateo Alaluf, militant qui s’est engagé très  jeune dans les réseaux de soutien à la guerre d’indépendance.
Par ailleurs, les historiens Paul-Emmanuel Babin et Guy Pervillé ont  présenté deux communications intitulées respectivement "les réseaux belges  dans la guerre d’Algérie (1954-1962) : mobilisation de l’opinion et front  judiciaire" et "l’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens  (1955-1962) : nationalisation et internationalisation du mouvement étudiant  algérien".
Cette journée-hommage a également été  marquée par l’apposition d’une  plaque commémorant l’assistant, le 9 mars 1960, du chahid Akli Aissiou, sur  le lieu de son assassinat, dans la commune d’Ixelles, par M. Belani et le  Bourgmestre de ladite commune bruxelloise, Christos Doulkeridis, évènement  auquel ont pris part des citoyens algériens et belges, notamment, les  acteurs belges ayant contribué activement au soutien à la cause  nationale.