Crise migratoire/Syrie Discussions à Istanbul le 17 mars (Erdogan)

Publié par DK NEWS le 10-03-2020, 15h58 | 1

«Nous allons nous réunir à Istanbul la semaine prochaine, mardi (17 mars)», a déclaré M. Erdogan, cité par l'agence de presse Anadolu. Le chef du gouvernement britannique, Boris Johnson, pourrait également être présent, selon le chef de l'Etat turc. Les dirigeants de l'Union Européenne (UE) ont exhorté lundi Ankara à respecter les termes d'un accord visant à éloigner les migrants des frontières européennes, lors d'une conversation «franche» avec le président turc Erdogan, venu à Bruxelles réclamer du soutien.
M. Erdogan, qui demande plus de soutien face à la situation en Syrie, avait décidé d'ouvrir ses frontières au passage des migrants et des réfugiés pour faire pression sur les pays européens. Ankara juge cependant insuffisante l'aide octroyée pour la prise en charge de quatre millions de migrants et de réfugiés, principalement Syriens, qu'elle accueille depuis des ann ées.
Des milliers de migrants, qui tentent de rejoindre l'Union, sont depuis, regroupés à la frontière gréco-turque. Les autorités grecques ont annoncé jeudi que plus de 1700 de migrants étaient arrivés sur les îles grecques, venant s'ajouter aux 38000 déjà présents qui sur-peuplent les camps de réfugiés dans des conditions de plus en plus précaires.
L'afflux de migrants vers la Grèce a réveillé en Europe la crainte d'une nouvelle crise migratoire semblable à celle qui a secoué le continent en 2015.

Accord sur les migrants et réfugiés: les engagements que l’UE n’ont pas été respectés (Ankara) 

Quatre ans après l'accord du 18 mars 2016 conclu entre la Turquie et l’Union Européenne (UE) concernant les migrants et les réfugiés syriens, les engagements de l'UE n'ont toujours pas été remplis, selon Ankara.
L'accord promet, entre autres, la libéralisation des visas aux citoyens turcs, ainsi qu’un soutien financier pour l’accueil des réfugiés syriens en Turquie, et une révision de l’union douanière. L’UE avait alors déclaré que «la mise en œuvre tous les pays membres de la feuille de route pour la libéralisation des visas pour les citoyens turcs sera accélérée pour être achevée au plus tard fin juin 2016. La Turquie prendra toutes les mesures nécessaires pour satisfaire aux exigences restantes» .
L’UE a énuméré 72 critères comme conditions à remplir par la Turquie. Jusqu’à présent, il ne reste plus que six critères à remplir par Ankara, dont l’un est considéré comme très controversé par la partie turque. Pour Bruxelles, la Turquie doit réviser sa «législation et ses pratiques en matière de terrorisme conformément aux normes européennes» afin d’approuver la libéralisati on des visas pour les citoyens turcs.
Cependant, la Turquie s’attend à ce que l’UE soit plus indulgente à l’égard de ce critère, en particulier après la tentative de coup d’Etat avortée du 15 juillet 2016.
Par ailleurs, en contrepartie de l’aide financière et l’accueil des réfugiés sur le sol turc, l’UE devait mettre en place le programme de réinstallation volontaire des réfugiés. Il n’a jamais vu le jour. A propos de l'aide financière, sur les 6 milliards d'euros promis , moins de 3 milliards ont été versés. l'UE avait promis de verser en deux étapes, la totalité des six milliards promis avant la fin de l'année 2018, mais jusqu'à présent, la Turquie n'a même pas reçu la moitié de ce montant promis pour venir en aide aux réfugiés syriens en Turquie. L'accord UE/Turquie promet également la relance du processus d'adhésion de la Turquie, le processus est dans l'impasse, aucun nouveau chapitre n'a été ouvert depuis le 30 juin 2016. Bruxelles a profité des tensions liées aux explorations énergétiques de la Turquie en Méditerranée orientale pour arrêter les pourparlers de haut niveau avec Ankara, a indiqué l'agence de presse turque Anadolu.
Dans le cadre du même accord avec la Turquie, l’UE s’était engagée à moderniser l’union douanière, mais Bruxelles reste réticente à respecter cet engagement é galement. La Commission européenne a été chargée par le Conseil européen de relancer le processus de modernisation de l'union douanière avec la Turquie. Un accord a été conclu entre les deux parties sur un rapport définissant le cadre des négociations, mais rien n'a bougé depuis.
En outre, le programme de réinstallation volontaire des réfugiés n'a jamais vu le jour. L'UE devait mettre en place le programme de réinstallation volontaire des réfugiés pour accueillir une partie des 3,5 millions de Syriens vivant en Turquie, mais ca n'a pas été fait. Le flux migratoire vers l'Europe a diminué de 97% grâce à la Turquie, selon Anadolu. L’accord, et son application par la partie turque, a empêché la perte de nombreuses vies humaines, mais a également considérablement réduit le nombre de traversées en mer Egée. Depuis la signature de l’accord, le flux migratoire vers l’Europe a diminué de 97%. Selon les chiffres officiels des Nations Unies, le nombre de personnes ayant traversé la Mer Egée en 2015 était de plus de 856 mille. En 2018, il n’était que de 32 494.