Djelfa : Le parcours et la vie de la défunte militante Meriem Bouchenafa revisités

Publié par DK NEWS le 08-03-2020, 18h10 | 53


La conférence, organisée à l’occasion de la célébration de la Journée  mondiale de la femme, a été inaugurée par la présentation d’un témoignage  vivant du frère de la défunte, Bouchenafa Zine, axé sur la vie de sa sœur  qui était un exemple vivant de dévouement et de don de soi.
Selon Bouchenafa Zine, sa soeur Meriem, plus connue sous le nom de "Mimi",  naquit le 5 mars 1948 à Djelfa où elle fut scolarisée à un âge précoce dans  une école française, avant de rejoindre l’école "El Ikhlas" relevant de  l’association des Oulemas musulmans algériens. Elle fut également une élève  assidue des classes coraniques où elle a appris le saint Coran et fut  nourrie aux hautes valeurs de la religion musulmane. 
Elle r eçut son enseignement de base auprès des meilleurs Oulémas et  nationalistes de l’association qui l’avaient repéré dès son jeune âge, ce  qui lui valut d’être sélectionnée pour lire les discours publics au  lendemain de l’indépendance, notamment à l’occasion du cessez le feu, le 19  mars 1962, en compagnie de ceux qui avaient fait la gloire de Novembre. En 1965, la défunte Mimi prit part au concours d’entrée à l’école normale  de Bouzaréah (Alger). Elle fut reçue haut la main et bénéficia d’une année  de formation à l’issue de laquelle elle fut nommée maîtresse à l’école  centrale de la ville de Djelfa. Disciplinée et dévouée, l’enseignante  contribua à la formation de nombreux élèves, devenus cadres actuellement.
La défunte, également artiste dans l’âme, puisqu’elle fut d’une  contribution avérée dans la préparation de l’émission télévisuelle  nationale "Al Hadika Assahira" (le jardin enchanté), fit la joie et le  bonheur des générations d’enfants des années 70 et 80 du siècle dernier.
C’est durant les années 70, toujours selon le même témoignage, que Mimi  intégra les rangs du parti du Front de libération national (FLN). Militante  fidèle et dévouée, elle prit part à l’enrichissement de la Charte nationale  en 1976, et fut désignée pour la lecture du rapport de la wilaya de Djelfa  devant le défunt présiden t Houari Boumedienne.
Elle fut, par la suite, membre de la commission centrale et rapporteuse  auprès de la commission de discipline centrale du parti. Elle fut aussi  élue à l’assemblée populaire de la wilaya pour deux mandats consécutifs.
La défunte Meriem Bouchenafa fut également élue secrétaire de wilaya de  l’Union nationale des femmes algériennes, qu’elle présida en 1977. Elle fut  également membre à l’Assemblée populaire nationale (APN) chargée de  nombreuses missions, au double plan national et étranger. Elle assista  notamment à la chute du mur de Berlin et participa à des missions  politiques en Egypte, en Jordanie, en Irak, en Libye, en Tunisie et en  France.
Entre autres missions accomplies par elle, il a été signalé sa présidence  de la caravane de solidarité du peuple algérien au profit du peuple irakien  durant sa détresse dans les années 90 du siècle dernier, au même titre  qu’une autre caravane au profit du peuple palestinien, tout en ayant  représenté l’Algérie à diverses manifestations internationales.
Pour sa part, Ali Brahimi, ex-P/APC de Djelfa, a souligné, à l’occasion,  les "valeurs humaines" de la défunte, qui fut sa camarade d’école. "Elle ne  m’a jamais sollicité pour des intérêts personnels, mais toujours pour  défendre les autres et l’intérêt public", a-t-il assuré.
"Mimi étai t une femme exemplaire, forte et combative", a soutenu, pour sa  part, son amie et ex-députée Fatima Zahra Bouhadou, qui était en compagnie  de la défunte le jour de sa mort le 6 mai 2012, lors d’un tragique accident  de la route, ayant causé la mort de Meriem Bouchenafa et son autre amie  Ilham Bensaâd.
L’organisation de cette conférence a été dictée par le "parcours riche et  glorieux de cette femme digne de constituer un modèle pour la femme  djelfaouie", a affirmé Ahmed Boukhalkhal, responsable du musée communal des  scouts de Djelfa.