Afghanistan: Les talibans prêts à une réduction de la violence avant un accord

Publié par DK NEWS le 18-01-2020, 17h23 | 6

Les talibans sont prêts à une réduction de la  violence en Afghanistan avant de signer, d'ici la fin du mois peut-être, un  accord sur le retrait des troupes américaines avec les Etats-Unis a assuré  hier leur porte-parole à la presse.
«Nous sommes d'accord pour réduire nos activités militaires dans les jours  précédant la signature d'un accord de paix avec les Etats-Unis», affirme  Suhail Shaheeen dans une interview au quotidien pakistanais Dawn. Il s'est  dit «optimiste» sur la possibilité d'une signature «au plus tard d'ici la  fin du mois». Les talibans ont transmis aux Américains une offre de bref cessez-le feu -  de sept à dix jours -, après plus de 18 ans de guerre. Les Etats-Unis  avaient fait de la réduction de la violence un préalable à toute avancée  sérieuse des négociations, en vue d'aboutir à un calendrier de retrait des  troupes américaines et le lancement d'un dialogue intra-afghan.
Selon M. Shaheen, cette réduction des opérations militaires des insurgés  sera «générale et inclura toutes les forces, y compris celles de l'Etat».  Les Etats-Unis exigeaient que la réduction de la violence bénéficie aussi  bien à leurs troupes qu'à celles de l'armée et la police afghanes. L'offre n'a pas fait l'objet d'annonce publique et Washington n'a pas  indiqué avoir reçu une proposition de la part des insurgés islamistes. Les  insurgés et les Etats-Unis étaient sur le point d'annoncer un accord en  septembre lorsque le président Donald Trump a brusquement déclaré le  processus «mort», en invoquant la violence des talibans. Les pourparlers avaient repris en décembre au Qatar, mais ils avaient été  à nouveau suspendus quelques jours plus tard après une attaque revendiquée  par les rebelles contre la base de Bagram, contrôlée par les Américains. Le  projet d'accord initial repose sur deux piliers: un retrait des troupes  américaines - qui ont compté jusqu'à 100.000 hommes en 2010, pour  redescendre aujourd'hui à quelques 13.000 soldats - et l'engagement de la  part des insurgés de ne pas offrir de sanctuaires aux groupes terroristes.
C'est le refus des talibans, alors au pouvoir en Afghanistan, de livrer  après les attentats du 11 septembre 2001 le chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben  Laden, qui avait provoqué l'invasion américaine et la chute de leur  régime.