Sri Lanka: Les autorités ordonnent une nouvelle enquête sur les attentats du 21 avril

Publié par DK NEWS le 22-09-2019, 16h48 | 3

Les autorités du Sri Lanka ont ordonné  dimanche une nouvelle enquête sur les attentats du 21 avril dernier, qui  avaient fait 258 morts et près de 500 blessés dans le pays.

Le président Maithripala Sirisena a mis en place une commission d'enquête  indépendante, dotée de larges pouvoirs judiciaires. Elle devra recueillir  des preuves sur les auteurs présumés de ces attentats et enquêter sur les  failles dans le système de sécurité et de renseignement.

Les cinq membres de cette commission, présidée par un juge de la Cour  d'appel et composée de trois autres magistrats et d'un fonctionnaire à la  retraite, devront présenter leurs recommandations d'ici trois mois.

Les attentats du 21 avril, qui avaient visé des églises et des hôtels de  luxe, ont été revendiqués par une organisation terroriste locale et  l'organisation terroriste autoproclamée «Etat islamique» (EI/Daech).

Cette nouvelle enquête a été décidée après que l'Eglise catholique sri  lankaise a émis des doutes concernant l'indépendance des enquêtes  parlementaire et policière. L'enquête parlementaire, menée par un échantillon représentatif de  députés, est boycottée par de nombreux députés de l'opposition. Selon eux,  elle serait instrumentalisée par les partis afin d'éviter qu'ils soient  tenus responsables pour n'avoir pu empêcher les attentats. Le président Maithripala Sirisena, qui est également ministre de la  Défense et de l'Intérieur, a témoigné dans le cadre de l'enquête  parlementaire.

La commission parlementaire a également entendu le chef des  renseignements, le chef de la police et le responsable du ministère de la  Défense.

Ils ont accusé le président d'avoir négligé les questions de  sécurité nationale.

Le chef de l'Etat a refuté ces accusations et limogé le secrétaire à la  Défense et le chef des renseignements, les accusant de ces défaillances.

Le  chef de la police a également été suspendu.

Ce dernier devrait être jugé au côté de l'ex-responsable du ministère de  la Défense pour «graves crimes contre l'humanité», pour ne pas avoir réussi  à empêcher les attentats-suicides.

Dix jours avant les attentats, l'ex-chef de la police avait averti que le  mouvement local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), auteur des attentats,  pourrait s'en prendre à des églises et à d'autres lieux.