Situation sécuritaire au Mali : L'armée renforce sa présence territoriale

Publié par Dknews le 19-06-2019, 18h11 | 9

Les autorités maliennes ont renforcé le   dispositif sécuritaire dans le centre du pays pour parer à toute attaque   terroriste ou de quelques nature qui pourrait déstabiliser le climat   sécuritaire dans le pays, a-t-on rapporté hier.    

  L'armée malienne a renforcé sa présence aux environs de deux villages   dogons du centre du pays attaqués lundi. Les affrontements se multiplient   dans cette région entre les Peuls, traditionnellement éleveurs et les   ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont   créé leurs "groupes d'autodéfense".  En outre, les villages de Gangafani et de Yoro, près de la frontière avec   le Burkina Faso, ont été frappés lundi soir par des "attaques terroristes"   ayant fait 38 morts et de nombreux blessés, a annoncé mardi soir le   gouvernement dans un "bilan provisoire officiel".

"Un contingent des forces de défense et de sécurité a été dépêché sur les   lieux pour sécuriser les populations et leurs biens, et traquer les auteurs   de ces attaques", a ajouté le gouvernement.  Selon un élu de la région, "la situation a été calme la nuit. Mais après   un événement comme ça, les populations ont évidemment peur".  Les violences qui affectent cette région depuis quatre ans ont culminé   avec le massacre le 23 mars. Ces actes sont attribués à des chasseurs   dogons, de quelque 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la   frontière avec le Burkina Faso. 

Au moins 24 personnes ont été tuées dans une attaque perpétrée lundi par   des hommes armés non identifiés à 135 km de Koro dans la région de Mopti au   centre du Mali.

Des assaillants, voulant attaquer la localité de Dangafani II, ont été   repoussés une première fois par des jeunes appartenant à une brigade de   vigilance avant de revenir, tuant 17 jeunes et blessant trois (3) autres, a   précisé l'agence malienne de presse (AMAP).  Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées, samedi, dans   lÆexplosion dÆune mine entre Diankabou et Bamba, dans la région de Mopti   (centre du Mali), a rapporté mardi l'agence malienne de presse (AMAP).

"Une charrette transportant des passagers se rendant à la foire   hebdomadaire de Bamba est montée sur un engin explosif dans les environs de   9H30, entre Diankabou et Bamba, faisant deux morts et deux blessés", a   précisé la même source.

Les autorités administratives et politiques, accompagnées de la   gendarmerie se sont rendues sur les lieux afin dÆélucider les circonstances   exactes de lÆincident.  Pour la troisième fois, un engin explosif improvisé fait des victimes sur   ce tronçon fréquenté par les usagers et forains après la fermeture du   tronçon Koro ûDioungani-Dinangourou, depuis deux ans suite à des attaques   répétées, selon l'AMAP.

 

Eviter les actes de vengeance

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a exhorté la semaine dernière   lors d'un déplacement dans un village dogon victime d'une tuerie   collective, les populations du centre du pays ensanglanté par des violences   intercommunautaires, à ne pas se "livrer à des actes de vengeance".

L'attaque menée dans la soirée du 9 juin contre le hameau de Sobane Da,   près de Bandiagara, a fait 35 morts dont 24 enfants, selon un dernier   bilan. Elle n'a pas été revendiquée, mais des habitants ont dit soupçonner   des Peuls venus de localités voisines et présumés appartenir à des groupes   terroristes.        Arrivé à bord d'un hélicoptère de la Mission de l'ONU au Mali   (Minusma), avec notamment la cardinal Jean Zerbo, archevêque de Bamako, et   plusieurs ministres, dont celui de la Défense, M. Keïta s'est aussitôt   dirigé vers la fosse commune où les 35 corps ont été inhumés. Lors de sa   rencontre avec les habitants, M. Keïta a promis de prendre "toutes les   dispositions pour assurer la sécurité des biens et des personnes". 

Pour sa part, l'envoyé de l'ONU au Mali a estimé mercredi qu'il fallait   arrêter le "cycle infernal de la violence" si l'on veut que l'espoir d'un   retour à la paix se concrétise, lors d'une réunion du Conseil de sécurité   consacrée à la situation au Mali. "Le cycle infernal de la violence qui se   poursuit doit être arrêté au risque que chacun soit tenté de se faire   justice lui-même", a-t-il encore dit, soulignant l'importance de la lutte   contre l'impunité.  Il a salué l'affectation d'un procureur de la République à Mopti ainsi que   les récentes arrestations opérées par l'Etat malien. Il a aussi salué le   travail d'enquête considérable effectué par la division des droits de   l'Homme de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA).  L'envoyé de l'ONU a noté que le processus de paix au Mali était entré dans   une nouvelle phase avec la nomination en avril dernier d'un nouveau Premier   ministre, Boubou Cissé, et la signature le 2 mai d'un accord de politique   de gouvernance entre la majorité et l'opposition démocratique. Cela a été   suivi de la formation le 5 mai d'un gouvernement d'ouverture.