Le département américain de la Défense a engagé un programme de formation d'unités d'élite antiterroristes en Libye, au Mali, au Niger et en Mauritanie pour aider ces pays à lutter contre les groupes terroristes de la région, a indiqué mardi le quotidien New York Times.
Assuré par les unités des Opérations spéciales américaines dont notamment les Bérets verts et la Delta Force, ce programme de près de 70 millions de dollars a été lancé l'année dernière pour contribuer dans l'instruction et l’équipement de centaines de commandos sélectionnés dans les quatre pays en question.
«La formation de forces locales pour lutter contre les menaces terroristes dans leur propre pays est la chose que nous devons faire», a dit l'un des initiateurs de ce programme, Michael Sheehan, qui est actuellement le président du Centre de lutte contre le terrorisme de l’académie militaire de West Point (New York). Mais concernant la Libye, la tâche paraît plus difficile pour le Pentagone pour plusieurs raisons, a-t-on expliqué.
Tout d'abord, ces entraînements ont dû être interrompus depuis le mois d’août dernier et les instructeurs américains retournés aux Etats-Unis après qu'un groupe de miliciens armés libyens, bénéficiant de complicité, ait attaqué un centre d’entraînement des élites antiterroristes pour s'accaparer de centaines d'armes automatiques ainsi que des lunettes de vision nocturne et des véhicules et autres équipements fournis par les Américains.
Dans le sillage de cette formation avortée et du chaos qui règne encore en Libye, les responsables militaires américains estiment qu'ils sont amenés à repenser les critères de sélection des effectifs pour bénéficier d'une formation de lutte contre le terrorisme en Libye. «Nous devons nous assurer de chacun des hommes que nous formons. Ne s'agit-il pas finalement d'un terroriste ou d'autre criminel? Quelles sont ses allégeances? Active-t-il vraiment pour son pays ou est-il encore lié à sa milice?», s'est interrogé un général-major de l'AFRICOM cité par le quotidien new-yorkais.