«La sécurité linguistique» et l’avenir de la langue arabe sont tributaires des capacités créatives et du potentiel de production de savoir dans les sociétés arabes, a soutenu mardi à Annaba le président du Conseil supérieur de la langue arabe (CSLA), Azzedine Mihoubi.
Au cours d’une conférence animée au pôle universitaire de Sidi Achour, sur une initiative de la faculté des Lettres et des Sciences humaines de l’université Badji-Mokhtar, M. Mihoubi a relevé que les sociétés qui promeuvent le savoir et les investissements générateurs de richesses sont les «plus aptes à diffuser leur langue et à en assurer l’évolution».
Face aux défis de l’ère de la numérisation et du «déluge informationnel», les langues, y compris celles qui sont les plus présentes dans le monde actuel «trouvent des difficultés à suivre ce rythme effréné», d’où «l’apparition d’un nouveau mode de communication chiffré», a souligné le président du CSLA, considérant que cette dynamique cognitive a imposé à chaque société de «chercher à sécuriser son capital linguistique et à l’enrichir».
M. Mihoubi a relevé à ce propos que la langue française est de moins en moins présente en matière de production de savoir, quasi monopolisée par l’anglais, tandis que le chinois, l’allemand et le russe se font de plus en plus présents sur la scène internationale.
Le vocabulaire de la langue arabe est riche de plus de 12 millions de mots dont seule une très infime partie est aujourd’hui utilisée, a encore indiqué le conférencier, estimant que la préservation de la langue arabe, qui reste «l’une des langues les plus parlées dans le monde» est une «question souveraine attachée à l’identité de la société».
Outil majeur de communication sociale, la langue a «besoin de se diversifier et de produire du savoir pour assurer sa vitalité», a également indiqué M.Mihoubi au terme de sa conférence à laquelle ont assisté des enseignants, des cadres universitaires et des étudiants.