conférence : L'Afrique demeure divisée face aux conflits et crises qui l'affectent

Publié par Dknews le 23-05-2014, 16h19 | 30

L'Afrique connaît aujourd'hui un "blocage" face aux décisions à prendre sur la gestion des conflits et crises qui l'affectent en raison de la "faiblesse de ses capacités" notamment financières et de sa "complexité architecturelle", a estimé jeudi à Alger M. Hugo Sada, spécialiste des relations internationales et des questions de Défense. 

"Il existe aujourd'hui un blocage au sein de l'Union africaine quand il y a des décisions à prendre. Le découpage du continent en 54 pays est devenu l'élément majeur des divisions politiques" entre les pays membres de cette organisation panafricaine, a souligné M. Sada lors d'une conférence intitulée l'"Unité africaine est-elle une utopie ou une nécessité?",

organisée par l'Ecole supérieure de journalisme et des sciences de l'information. Des débats ont commencé depuis 60 ans sur la création d'une "force africaine d'intervention" mais cette question reste sur la table des négociations au sein de l'UA ouvrant la voie aux interventions étrangères dans plusieurs pays africains telle que l'opération française "Serval" au Mali ou encore "Sangaris" en Centrafrique, a indiqué le chercheur français. M. Sada a affirmé qu'il existe aujourd'hui une forte revendication africaine à savoir "une solution africaine aux problème africains".

En outre, la "complexité architecturelle" de l'UA est aussi parmi les raisons de ses difficultés à gérer les problèmes qui affectent le continent, a-t-il dit, ajoutant qu'"il existe une forte rivalité entre les membres des groupes régionaux", citant le cas de "divisions" au sein de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à propos du conflit malien en 2012.

S'agissant des problèmes qui concernent l'Afrique mais aussi d'autres pays étrangers comme le terrorisme, le trafic de drogue, la cybercriminalité et le trafic des migrants clandestins, M. Sada a souligné la nécessité d'une "réponse commune" face à ces menaces transversales. "Il faut développer un dialogue stratégique et un partenariat concerté et novateur pour faire face aux menaces transversales", a-t-il plaidé.