Merkel appelle Poutine à respecter le jugement de l'OSCE concernant le scrutin

Publié par Dknews le 23-05-2014, 16h07 | 21

La chancelière allemande Angela Merkel a demandé au président russe Vladimir Poutine de reconnaître l'évaluation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur l'élection présidentielle prévue dimanche en Ukraine, a rapporté la presse vendredi.

«J'attends de la Russie qu'elle respecte l'évaluation sans aucun doute objective de l'OSCE» sur la bonne tenue du scrutin, a déclaré Mme Merkel au quotidien régional Saarbrücker Zeitung de vendredi. «La Russie appartient elle-même à cette organisation», a-t-elle souligné. 

Berlin considère l'élection de dimanche, contestée dans une partie de l'Ukraine et à Moscou, comme une étape majeure pour stabiliser le pays.«Comment l'élection se sera déroulée, c'est l'OSCE qui l'évaluera et tous devraient respecter son jugement», a estimé Mme Merkel.

L'OSCE «est sur place avec l'une des plus grandes missions d'observation de son histoire, alheureusement la Russie a décliné d'envoyer aussi des observateurs alors qu'elle y était invitée», a souligné la chancelière allemande.

«Ce que nous voyons tous c'est qu'il semble apparemment difficile aux dirigeants russes d'accepter que l'Ukraine, pays souverain, choisisse librement son propre chemin», a-t-elle ajouté.La Russie qui a donné des signes d'apaisement avec le retrait de ces troupes engagées dans des manoeuvres militaires près de la frontière ukrainienne, à l'approche de la présidentielle du 25 mai en Ukraine, elle a émis suffisamment de réserves pour ne pas cautionner un vote «au son des canons» qui n'est pas conforme au caractère «démocratique».

«On peut se demander si le déroulement d'élections au son des canons est conforme aux normes démocratiques d'un processus électoral», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.
Ce scrutin intervient après six mois d'une crise politique qui a plongé le pays au bord de la guerre civile et de la partition.

Les Occidentaux doivent tirer la «leçon» de la crise ukrainienne 

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré vendredi que les Occidentaux doivent tirer la «bonne leçon» de la crise ukrainienne, estimant qu' elle est le résultat «logique» de leur tentative de tirer parti de la chute de l'URSS il y a 25 ans.

«Si le but est d'éviter la répétition de telles crises à l'avenir, alors il faut tirer la bonne leçon des événements en Ukraine et passer au plus vite à la mise en oeuvre de principes d'égalité dans la sécurité euro-atlantique», a déclaré M. Lavrov lors d'une conférence à Moscou.

La crise ukrainienne est «le résultat logique de l'évolution de la situation en Europe depuis 25 ans», a-t-il ajouté, faisant référence à la dissolution de l'Union soviétique en 1991.

«Plutôt que de saisir une chance historique de construire une grande

Europe sans ligne de partage, nos partenaires occidentaux ont préféré leur logique habituelle qui vise à étendre vers l'Est l'espace géopolitique qui est sous leur contrôle», a déclaré le chef de la diplomatie russe.

«Cela signifie en substance la poursuite sous une forme adoucie de la politique d'endiguement de la Russie», a ajouté M. Lavrov. Mercredi, le vice-président américain Joe Biden, qui venait de s'entretenir avec le président roumain Traian Basescu, avait une nouvelle fois affirmé l'engagement ferme des Etats-Unis à respecter l'article cinq de l'Otan sur la défense collective de ses membres. Il a souligné que l'Alliance allait renforcer sa présence en Europe centrale et de l'Est, «dans les airs, sur mer et sur terre».

Accusant la Russie de fomenter des troubles dans l'Est de l'Ukraine, les Etats-Unis et l'Union européenne avaient infligé des sanctions à l'encontre des personnalités russes, et ont menacé que de nouvelles mesures plus radicales seraient nécessaires si Moscou «sapait» l'élection présidentielle prévue dimanche dans cette ex-république soviétique.