Burkina Faso: Cinq ONG préoccupées par la situation alimentaire des populations du Sahel

Publié par Dknews le 22-05-2014, 17h31 | 35

Cinq organisations non gouvernementales (ONG) ont fait part de leurs inquiétudes face à la situation alimentaire et nutritionnelle des populations de la région du Sahel (Nord du Burkina Faso) et du sort des réfugiés maliens, appelant les bailleurs de fonds à «agir pour éviter le pire».

«Trois des quatre provinces de la région du Sahel (Soum, Oudalan, Séno), qui accueillent 80% des réfugiés maliens et leur cheptel, sont en situation de sécurité alimentaire sous pression, caractérisée par un faible taux d'accès à l'eau potable, une faible couverture des besoins céréaliers et un état nutritionnel non satisfaisant», indique un communiqué de l'ONG Oxfam.

L'organisation estime que près de 380.000 personnes sont touchées par cette situation au Sahel, soit environ 31% de la population totale de la région. «Si aucune action n'est envisagée immédiatement, ces trois provinces seront en situation de crise alimentaire», a observé la directrice pays de l'ONG Help, Christine Rauland Yambré, appelant le gouvernement burkinabè et les bailleurs de fonds à «agir pour éviter le pire».

Depuis 2012, le Burkina Faso, particulièrement la région du Sahel, a connu une «forte» affluence de réfugiés maliens à la suite des conflits armés faisant rage dans le Nord du Mali. «Nous assistons depuis 2012 à une réduction des financements de la réponse humanitaire», a déploré Mme Yambré. En 2013, l'appel aux fonds du Burkina Faso pour faire face à la crise alimentaire et nutritionnelle et aux réfugiés a été financé à 56% contre 68% en 2012.

«Sans investissements à long terme soutenus et supplémentaires, il y a un risque très réel que les communautés affectées par l'insécurité alimentaire se trouvent prises dans un cercle vicieux de la vulnérabilité», a indiqué le directeur pays de Oxfam, Oscar Koalga.

Le Burkina Faso va lancer dans les mois à venir un appel de fonds, à travers le Conseil national de sécurité alimentaire, a indiqué son secrétaire exécutif, Tinga Ramdé, estimant à 80 millions de F CFA, les besoins en financement pour l'année en cours.