Ricardo Gutierrez, syndicaliste et universitaire lors de la conférence-formation sur l'Ethique et la déontologie : «Ne pas réagir, c’est être complice»

Publié par O. L le 15-12-2015, 22h12 | 91

Poursuivant le cycle de conférences de formation à l’intention des professionnels des médias algériens, le ministère de la Communication a invité Ricardo Gutierrez, syndicaliste de la Fédération européenne des journalistes et universitaire belge qui est intervenu à l’Ecole nationale supérieure de journalisme d’Alger.

Le conférencier a tenu à démontrer par des exemples récents les capacités de réaction de la corporation par rapport au traitement par les médias européens de l’afflux de «réfugiés fuyant les guerres» au Moyen-Orient : «Pour certains, c’étaient des migrants », ce qui a fait remonter à la surface les sentiments de haine xénophobe dans plusieurs couches des populations européennes. «Il fallait réagir ».

Le CDJ a dont fait un rappel des principes, permettant de mettre en évidence le mécanisme d’autorégulation est composé des journalistes, des propriétaires de médias et de représentants de la société civile. Pour le CDJ, la déontologie n’est pas figée, elle est dynamique : « Les nouveaux outils technologiques, notamment, modifient profondément les manières de faire de l’information. La concurrence pousse à travailler (trop) vite et à chercher à tout prix l’info spectaculaire. De nombreux journalistes s’interrogent eux-mêmes sur les normes à respecter face à ces défis. Le CDJ va s’atteler à codifier les règles déontologiques, ce qui signifie rassembler ce qui existe, chercher une cohérence, et combler les lacunes. »

Le site de la FEJ précise que « la déontologie se distingue aussi de l’éthique. Celle-ci relève de la conscience individuelle et des valeurs personnelles de ceux qui exercent l’activité concernée. Elle ne fait dès lors pas l’objet d’une codification, à la différence de la déontologie. »

Rappelons que les conférenciers qui l’ont précédé ont abordé des sujets sensibles. Ainsi, le président du Conseil d'administration d'Al-Ahram, Ahmed An-Nagar, axe sa conférence sur les règles du respect de la profession journalistique. Dans son intervention, le conférencier a évoqué notamment les règles que le journaliste doit respecter en exerçant sa profession, tout en soulignant la nécessité d'éviter la diffamation et le sensationnel et de s'appuyer sur des sources sûres.

« La déontologie garante d’un journalisme crédible » avait proclamé Dominique Von Burg, rédacteur en chef de La Tribune de Genève, ex-membre et président du Conseil Suisse de la presse depuis 2008. "Avec l'internet et les réseaux sociaux, le public est soumis à une surinformation permanente et le journaliste doit se distinguer en donnant une information crédible respectant la déontologie, sinon la profession de journaliste disparaîtra», a-t-il averti.

Quant au chercheur jordanien Bassim Tweissi, il a souligné «une crise de professionnalisme» chez les médias satellitaires dans le monde arabe depuis les perturbations de 2011, soulignant l'explosion quantitative du contenu médiatique au détriment de l'apport qualité et la pullulation des chaînes spécialisées dans «le journalisme religieux».

« Le but premier, au-delà de rendre compte et d’informer, est d’expliquer et de contextualiser de manière à permettre au plus grand nombre de comprendre l’information véhiculée par le journaliste » reste l’essence même du journalisme.

O. L