Histoire

Evocation : 1er mai 1945, sauvage répression à Alger et Oran de manifestants algériens

Publié par DK News le 01-05-2015, 18h00 | 596
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Il y a 70 ans, jour pour jour, une semaine avant le génocide dans l'Est algérien, la France coloniale s'était sauvagement illustrée en Algérie en réprimant des manifestants Algériens, qui avaient réclamé en portant l'emblème national, l'indépendance.

C'était à Alger et Oran, le 1er mai 1945. Les syndicalistes du monde entier sont sortis ce jour là célébrer la fête du Travail, à l'aube d'une ère nouvelle, celle de l'après-Hitler, la fin du nazisme et le début d'un monde nouveau.

En Algérie, militants du Parti du peuple algérien (PPA), des amis du Manifeste, syndicalistes et jeunes scouts avaient prévu de défiler à Alger, Oran et les grandes villes, pour réclamer d'abord la libération de Messali Hadj, déporté la veille (30 avril 1945) à Brazzaville après avoir été assigné à résidence à Ksar El Boukhari, ensuite celle des militants emprisonnés.

Mais, en toile de fond de ces revendications, il y avait surtout celle de l'indépendance, que projetaient de réclamer lors de leur marche les Algériens à l'occasion de la journée internationale du travail. A Alger, ce jour là, les Algériens sortirent massivement dans plusieurs quartiers de la ville. Objectif : réclamer le droit des Algériens d'exister, d'avoir eux aussi leur indépendance, et que la France emboîte le pas à la Grande-Bretagne, qui s'est retirée de ses colonies à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les Algériens, militants du PPA et des amis du Manifeste, ont soigneusement préparé cette manifestation, à Alger et Oran en particulier. Les principaux mots d'ordre qui devaient être scandés lors des manifestations étaient : ''Libérez Messali'', ''Algérie libre et indépendante''.

Selon Annie Rey Goldzeiguer (Aux origines de la guerre d'Algérie), syndicalistes et nationalistes algériens avaient voulu démontrer à travers ces manifestations tant à la France coloniale qu'à la communauté internationale en pleine liesse après la fin du Nazisme, la volonté du peuple algérien à recouvrer son indépendance.

L'événement a été minutieusement préparé par les militants algériens, à leur tête Ferhat Abbas. Les autorités coloniales ont, de leur côté, mis en place un impressionnant dispositif sécuritaire et sorti un arsenal de guerre à Alger, Oran, Sétif, Guelma.Objectif : barrer la route aux manifestants et réprimer, dans le sang s'il le faut, les manifestants s'ils arboraient le drapeau algérien.

Le jour ''J'', le 1er mai 1945, les Algériens étaient dans la rue, à Alger, Oran, mais également Sétif, Guelma... L'agression des manifestants, selon des historiens et des militants nationalistes, dont Henri Alleg (La Question), a commencé dés l'apparition de l'emblème national.

A Alger, la police coloniale a sauvagement réprimé cette manifestation, qui s'était déroulée dans les quartiers du centre-ville et la banlieue. Pour autant, la police n'était pas la seule à avoir violenté les syndicalistes et militants algériens, et de jeunes scouts.

Tirs, brimades, humilitations contre les manifestants

Annie Rey Goldzeiguer rapporte que ''les Européens des abords de la rue d’Isly (Larbi-Ben-M'hidi) ont non seulement barricadé leur balcon, mais des coups de feu ont été tirés sur les manifestants''. Ailleurs, dans les autres quartiers d'Alger, les Européens se sont livrés à des humiliations et des brimades des manifestants qui avaient été arrêtés et livrés à la vindicte des ''colons'' par la police.

Plusieurs manifestants sont morts à Alger durant cette journée, certains par balles. Selon Alleg, il y aurait eu au moins huit morts. Ailleurs, la répression a été également féroce, en particulier à Oran où des morts et des blessés ont été enregistrés à la suite de la répression de la marche des Algériens lors de cette journée internationale des travailleurs.

Au lendemain de ces tristes événements, qui ont démonté, selon l'historien français Benjamin Stora, que la 4e République n'allait ''pas renoncer à ses colonies'', les nationalistes Algériens ont fait le bilan de la gravité et l'ampleur de la répression du mouvement en ce 1er mai 1945.

Dans les jours qui ont suivi, la police coloniale et les services de renseignements français ont arrêté systématiquement tous les militants et nationalistes à Alger, Oran. Par contre, le déroulement plus ou moins dans le calme des manifestations du 1er mai 1945 dans l'est du pays, n'a pas été suivi d'arrestations des militants algériens.

Ce seront eux, une semaine après, qui déclencheront les manifestations du 8 mai 1945 contre la colonisation. A Sétif, Guelma, Kherrata, Béjaïa, et dans l'ensemble du Constantinois, la répression a été telle qu'elle a été qualifiée par des historiens de génocide du peuple algérien. Pour d'autres, c'était la démonstration de la cruauté et la sauvagerie de l'un des derniers système coloniaux dans le monde, celui français.   

 

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