Santé

Accouchement comment choisir la position ?

Publié par DK NEWS le 08-08-2020, 17h40 | 34
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Lors de l'élaboration d'un projet de naissance, la future maman peut préciser la position dans laquelle accoucher : sur le côté, accroupie ou même à genoux... " Pendant plus de 30 ans, la norme était d'accoucher sur le dos, sous péridurale et de pratiquer l'épisiotomie", constate Marlène Barlier, sage-femme libérale à Vanves (92). Aujourd'hui, on est en train de sortir de ce modèle, et on revient vers des choses plus naturelles, où la femme va essayer d'aller le plus loin possible sans péridurale par exemple ". Selon elle, les femmes d'aujourd'hui désirent " reprendre le pouvoir " au moment de leur accouchement.
Cette tendance s'illustre, par exemple, par l'ouverture de salles "nature" dans les hôpitaux, équipées entre autres de baignoire et de lit rond ou deux places, afin d'accoucher "comme à la maison " dans un espace moins médicalisé mais encadré par des professionnels de santé. Néanmoins, selon la santé de la mère et du futur bébé, ce type d'accouchement peut ne pas convenir à toutes. Dans l'idéal, il s'agit évidemment de respecter le projet de la naissance de la future maman, tout en proposant des alternatives pour que la femme et le bébé restent en sécurité. Car c'est le premier critère, le plus important.
" Il faut toujours leur demander dans quelles positions elles veulent accoucher, les laisser choisir, expérimenter, et surtout leur laisser du temps", insiste la sage-femme. "Les femmes sont le moteur de ces changements, ce sont elles qui peuvent faire bouger les choses et pousser le personnel soignant à revoir leurs pratiques et à les adapter ".
Sur le dos, la position classique
" Les positions pour accoucher à la maternité sont très limitées, car le personnel n'est pas toujours bien formé à toutes celles qui existent. C'est donc la position classique qui est la plus apprise et donc pratiquée ", explique la sage-femme. Elle consiste à placer la femme sur le dos, les jambes dans des étriers et la tête repliée sur la poitrine. L'avantage est que dans cette position, s'il y a souffrance fœtale ou nécessité d'utiliser des forceps ou une ventouse, le médecin peut intervenir immédiatement. "Problème, tout le poids du corps se retrouve sur le périnée, il y a beaucoup de tensions, ce qui peut occasionner des dégâts par la suite ". De même, la veine cave qui achemine le sang vers le cœur, a tendance à être écrasée, provoquant une mauvaise oxygénation de la mère, qui peut se retrouver proche du malaise. Marlène Barlier explique néanmoins que cette position peut être adaptée afin de mieux convenir pendant le travail. " Il faut placer les jambières plus hautes, les genoux faisant un angle inférieur à 90 degrés contre la poitrine, le dossier moins relevé afin de ne pas être plié en deux. La femme doit alors attraper l'arrière du lit par exemple, pour pouvoir s'étirer de tout son long, sans mettre la tête contre la poitrine ".
Sur le côté, que des avantages !
Ensuite, il y a la position allongée sur le côté, où la jambe du dessous est tendue et celle du dessus soulevée (le genoux doit être plus bas que la hanche). " L'avantage est que le bassin s'ouvre au maximum. Il y a beaucoup moins de pression sur le périnée et sur la veine cave. Dans cette position, il n'y a pas d'épisiotomie et on n'intervient quasiment pas", détaille la sage-femme. Selon elle, accoucher sur le côté est bien mieux qu'en position classique. " Dans la plupart des cas, la femme se met instinctivement sur le côté, c'est une position naturelle. S'il y a un problème, elle sera immédiatement remise sur le dos pour permettre l'intervention, c'est très pratique ".
À genoux, la capacité de poussée est décuplée
Dans la position à genoux, ou à 4 pattes, la tête est généralement plus basse que le bassin et les bras souvent allongés. " Il n'y a aucune pression sur le périnée dans cette position, et ce dernier est totalement relâché. Elle permet également d'être très étiré au niveau du dos et d'avoir une capacité de poussée très forte ". Marlène Barlier explique que cette position est possible sous péridurale, mais il faut qu'elle soit bien dosée afin que la femme puisse encore sentir ses jambes.
Accroupie, le bassin est ouvert et la descente facilitée
" Pour cette position, il faut que l'hôpital soit équipé, car l'idéal est d'être suspendu ", précise la sage-femme. " Il faut donc soit du matériel de suspension, soit adapter le lit d'accouchement en s'accrochant à un drap, soit se servir du papa pour se suspendre ". Dans cette position, il est très difficile de contracter le périnée, et le bassin est naturellement plus ouvert. "Par ailleurs, le bébé et l'utérus sont placés bien au-dessus du bassin, il peut donc descendre naturellement ". En variante de cette position, il existe des chaises d'accouchements qui permettent la position assise. Les genoux sont alors plus bas qu'en position accroupie, mais le support de la chaise est plus reposant pour la future maman.
Debout, idéal pour commencer le travail
" Les femmes sont en position debout pendant tout le début de travail. Le bébé est souvent encore haut dans le ventre, et spontanément, elles vont souvent aller s'étirer, le ventre dans le vide, pendant la contraction ". Pouvoir marcher et bouger permet également une meilleure gestion de la douleur.
Elle se pratique généralement pendant la première moitié de l'accouchement, comme une position de travail car chez une femme qui était debout, sans péridurale, ira forcément trouver d'elle-même une position où elle pourra ouvrir son bassin pour accoucher. " Se tenir debout n'est bien évidemment pas faisable sous péridurale car on ne sent pas ses jambes ", précise Marlène Barlier.
Et l'accouchement dans l'eau ?
C'est prouvé, l'immersion dans l'eau chaude permet à la femme de se détendre et de mieux gérer la douleur. Dans un premier temps, il y a la baignoire de dilatation : la femme sera sortie lorsque le travail commencera. Il y a ensuite la baignoire d'accouchement qui a la particularité de se vider en 3 secondes, et d'avoir une porte pour sortir la future maman en cas d'urgence. " L'accouchement se passe alors sans péridurale et la femme peut se mettre dans la position qu'elle désire ", explique la sage-femme.
 

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